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« Vivre dans la différence et cultiver l’espérance »

Mercredi 14 décembre 2016, il est 20h, le froid vient de nous prendre, il fait dresser l’échine, rougir les joues et pique le nez, en cercle, les mains dans les poches, nous sommes bien loin du ciel bleu de Toulon que nous avons quitté sept heures plus tôt pour nous retrouver à Brescia, en Italie.

Nous sommes six lycéennes et un professeur à s’être engagés dans le projet Brescia, organisé par Stefania Ranucci : Elisa, Julia, Clara, Dannah, Angélique, M. Paillard et moi-même, Maï-Ly
. Pendant ces trois jours nous allons découvrir les différentes actions sociales menées au sein de la ville lombardienne et le quotidien des personnes qui dédient leur vie à la cause commune et celles qui bénéficient de leur aide.

Notre expérience va crescendo, le premier jour, nous sommes allés à la rencontre des éducateurs de l’association catholique Carmen Street. Cette association a été créée en 1990 par le frère Faust, et est financée et soutenue par la mairie, les dons et le réseau mariste.

C’est autour d’une table dans la chaleureuse succursale de Carmen Street, que nous avons découvert leurs visages et leurs prénoms : Luca, Alessandro, Elizabetta, Sonia et Chiara. Ils ont chacun leur style, leur rôle et devoirs, mais tous ainsi que le frère Fausto, ont ce même regard brillant, ce regard qui vous marque à vie, tant il est doux, calme et passionné à la fois. Chacun leur tour, ils nous ont livré leur expérience au sein de l’association, et tous en sont venus à la même conclusion, même si leur métier n’est que très peu reconnu et qu’il est parfois difficile de finir les fins de mois, la beauté de leur métier réside dans les relations sociales qu’ils peuvent tisser avec les enfants et les adultes de l’association qui font tout leur possible pour s’intégrer et apprendre l’italien et le sentiment de contribuer concrètement à changer les choses, tous souhaitent préserver la solidarité entre les générations et les peuples, et croient en « leurs » enfants.

L’éventail des actions menées par Carmen Street est large, elle propose de l’aide aux devoirs pour les étudiants, des cours d’italien tant pour les enfants que pour les adultes, des repas gratuits pour les SDF de la ville, des heures de garderie pour les enfants de primaire, un foyer avec table de ping pong, ordinateurs et babyfoot pour les adolescents ainsi que des activités manuelles et artistiques (dessin, origami, peinture, photographie, bricolage…). Ce soir-là nous avons donc partagé un repas avec des membres de l’association, nous nous sommes fait des amis, avons beaucoup rit et joué au babyfoot malgré le froid glacial de l’Italie et notre langage fragmenté d’italien, d’espagnol, d’anglais et de français, après tout, peu importe la langue et les origines, les liens de l’amitié sont universels, non ?

Le vendredi 16 décembre nous avons assisté à un cours d’italien mené par la sœur de Fausto dans la succursale de Carmen, puis nous avons la connaissance de Fati, un gambien arrivé à Brescia il y a seulement un an, il a accepté de nous parler de son voyage à travers l’Afrique jusqu’à son arrivée en Italie. Enfin… « Voyage » n’est pas le mot approprié, Fati a fui la Gambie pour des raisons politiques et son trajet a été long et très difficile tant physiquement que moralement. Après avoir visité la ville, nous sommes allés déjeuner dans restaurant qui s’occupe de la réinsertion sociale des SDF de Brescia, ceux-ci sont formés en tant que cuisiniers ou serveurs, c’est un projet très inspirant et pratiquement secret, très peu de clients connaissent la visée sociale cachée derrière l’enseigne du restaurant. Le soir, nous avons dîné avec les amis que nous nous étions fait la veille et avons joué à Action ou Vérité toute la soirée, un bon moyen pour apprendre à se connaître et rire ensemble, n’est-ce pas M. Paillard ?

Enfin, le dernier jour, nous sommes allés à la rencontre d’un des éducateurs de Progetto Strada, un centre pour les toxicomanes. Le centre existe depuis une vingtaine d’année, pourtant, il est encore considéré comme un projet expérimental par la mairie de Brescia, ce qui signifie qu’il pourrait fermer d’une année à l’autre. Nous avons découvert une facette plus sombre de la ville lombardienne, en plus de la toxicomanie, la prostitution est un fléau que le centre essaie de combattre, par le biais d’interventions directes sur le terrain auprès des jeunes filles, très souvent piégées par un proxénète auquel elles doivent rembourser une dette pharamineuse pour protéger leur famille de toute « malédiction vodous » et gagner leur liberté. Malgré la distribution gratuite de préservatifs par le centre, leurs efforts restent vains puisque les prostituées s’adonnent à des pratiquent dangereuses afin de rembourser plus rapidement leur dette, en effet, pratiquer un acte sexuel sans protection est mieux rémunéré.

Le plus difficile pour les toxicomanes est de quitter leur addiction et de retrouver une vie sociale, ceux-ci ont souvent tout perdu et il faut tout reconstruire, le centre propose ainsi la diffusion de films les après-midi ou l’organisation de repas, des moyens efficaces pour renouer des liens avec d’autres personnes. De plus, le centre met à disposition des vêtements propres, des chambres, des douches et des séances de coiffeur. Cependant l’éducateur de Progetto Strada est moins optimistes que les éducateurs de Carmen Street, très peu de personnes ont déjà été sauvées de leur addiction, sur un mur du centre, il est  d’ailleurs rendu hommage à tous les membres décédés et à leur combat pendant ces vingt dernières années, leurs portraits sont souvent accompagnés de mots et de poèmes de leurs proches.

Nous avons passé notre dernière soirée avec ces garçons qui sont devenus nos amis au bout de ses trois jours, toujours en riant et en dansant sur tous les styles de danses possibles. Les adieux ont été difficiles, les embrassades, les câlins et les souvenirs nombreux. Nous nous souviendrons toujours de la gentillesse incommensurable du frère Fausto et de tous les éducateurs, qui ont dédié leur vie aux autres.

Je terminerai ainsi mon article avec les mots de Luca, qui résument ce que nous avons vécu ces trois derniers jours et laissent nos esprits à la méditation : « Vivre la différence et cultiver l’espérance ».

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